L'information élevage par l'Alliance Pastorale

La Région Nouvelle-Aquitaine crée un fonds de soutien exceptionnel suite aux intempéries de l’hiver 2026

Ce jeudi 2 avril 2026, lors de la première séance plénière de l’année, les élus du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine ont adopté la création d’un fonds régional pour aider les territoires néo-aquitains suite aux intempéries exceptionnelles de cet hiver.

Ce fonds régional est doté de 3 millions d’euros, répartis comme suit :

  • 30 % destinés aux collectivités dans la remise en état des équipements relevant des politiques régionales,
  • 35 % destinés aux entreprises, aux commerces, aux TPE‑PME, aux maraîchers pour leur permettre de redémarrer leur activité,
  • 35 % destinés aux digues et ouvrages hydrauliques sur l’emprise des digues, milieux aquatiques en appui aux maîtres d’ouvrage GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations).

 

« Face aux dégâts occasionnés cet hiver, l’État a engagé une procédure accélérée de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, confirmant l’ampleur de l’événement et la nécessité d’un accompagnement rapide des territoires. C’est dans cette optique que la Région a souhaité contribuer à la solidarité territoriale en créant ce fonds régional exceptionnel », précise Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. « Ces aides à la reconstruction et au redémarrage des activités ne doivent pour autant ne pas faire oublier la nécessaire et indispensable adaptation de l’action publique au changement climatique. »


Des aides adaptées pour chaque bénéficiaire

 

A noter : sont éligibles les opérations situées dans les communes reconnues en état de catastrophe naturelle. Les dépenses doivent être liées aux dommages apparus au cours de l’épisode d’inondations de février 2026.

L’aide régionale intervient en complément des indemnisations d’assurance et autres financeurs publics. Une procédure d’instruction accélérée sera mise en place par la Région.

 

Pour les collectivités

Le soutien de la Région pourra porter sur les mêmes équipements que ceux financés dans les règlements d’intervention de droit commun de la Région au titre de leur construction, rénovation ou extension, comme par exemple les bâtiments culturels, les équipements sportifs, les maisons de santé pluriprofessionnelles, les tiers‑lieux, les centres de formation…

 

Pour les entreprises, commerces, artisans, TPE-PME, maraîchers

La Région pourra accompagner les entreprises sinistrées pour la remise en état des locaux, équipements et stocks, ainsi que les petits investissements nécessaires au redémarrage. De manière dérogatoire, les établissements situés dans des communes reconnues en état de catastrophe naturelle mais exclues du règlement d’intervention de droit commun de la politique d’économie territoriale et touristique pourront être accompagnés par la Région avec une aide plafonnée à 10 000 euros.

Concernant les acteurs agricoles, l’indemnisation des dégâts causés par des tempêtes et évènements climatiques exceptionnels relèvent de la compétence de l’Etat. Toutefois, une attention particulière sera portée aux plus petites exploitations maraichères (de 0,5 à 3 hectares) affectées par ces aléas et non couvertes ou insuffisamment par les dispositifs nationaux, et qui doivent reconstituer leur outil de production en urgence. Dans ce cadre, il est proposé d’ajuster le cahier des charges de l’appel à projets régional dédié au maraichage dans le cadre du Plan de Compétitivité et d’Adaptation des Exploitations Agricoles (PCAE) en élargissant les conditions d’éligibilité au-delà des seules exploitations bio ou HVE à tous les demandeurs dont les sièges d’exploitation sont situés dans une zone reconnue au titre des catastrophes naturelles. Cette aide permettra de soutenir les investissements de ces petites exploitations fragilisées des zones concernées : abris froids (structures hautes) - extensions, constructions, rénovations - protections, équipements et matériels de culture…

 

Pour les digues, ouvrages hydrauliques et milieux aquatiques

La Région apporte un soutien aux intercommunalités compétents GEMAPI, syndicats, EPTB / EPAGE pour les travaux urgents nécessaires au rétablissement de la sécurité hydraulique : restauration d’urgence de digues dont équipements sur l’emprise (déversoir…), rétablissement du libre écoulement des eaux…

 

Parer à l’urgence mais également poursuivre le travail avec les scientifiques et les agences de l’eau

La Région affirme sa volonté de poursuivre et renforcer le travail engagé avec la communauté scientifique, en mobilisant les compétences climatologiques, hydrologiques, géomorphologiques et techniques disponibles dans la région. La caractérisation et la compréhension des phénomènes naturels ou d’origine anthropique ont conduit la Région à créer des programmes scientifiques de grande ambition régionale (PSGAR) en interaction avec les politiques sectorielles régionales : CORALI pour les risques littoraux, ROSEAU pour la ressource en eau, GRIFON pour les risques forestiers. Ces PSGAR seront mobilisés pour élargir le travail à celui des risques d’inondation.

 

Il est prévu de mobiliser la communauté scientifique régionale autour de plusieurs sujets :

  • Rôle des collectivités territoriales dans la gestion des risques et analyse des conflits de compétences
  • Instruments économiques : assurances et mutualisation du risque ; coût-bénéfice des politiques de prévention ; financement des infrastructures de protection…
  • Evaluation des trajectoires d’adaptation
  • Planification et résilience : intégration du risque dans les documents d’urbanisme ; conception d’infrastructures adaptatives (digues, bassins de rétention, solutions fondées sur la nature) ; dynamiques foncières et pression immobilière en zones littorales ou fluviales
  • Justice spatiale et inégalités socio-territoriales
  • Sociologie des risques et des victimes
  • Mémoire historique et patrimonialisation des catastrophes

 

La Région continuera également de travailler en étroite collaboration avec les agences de l’eau, afin de garantir une approche coordonnée et efficace de la gestion des milieux aquatiques, de la ressource en eau et de la prévention des risques d’inondation.

© Région Nouvelle-Aquitaine / Sébastien Blanquet-Rivière -