L'information élevage par l'Alliance Pastorale

Loup : les règles assouplies pour défendre les troupeaux

La pression s’accentue dans les élevages. Avec une population en hausse et un territoire toujours plus étendu, le loup multiplie les attaques. En 2025, 4 441 attaques ont été recensées en France (+10 %), pour 12 927 animaux tués (+15,1 %), principalement des ovins. Dans les zones d’expansion récentes, la progression est encore plus marquée : +38,4 % d’attaques et +27,3 % de victimes.


Face à cette situation, le Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature et le Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire annoncent une réforme des règles de gestion de la prédation. Objectif : renforcer l’efficacité de la défense des élevages tout en maintenant l’espèce dans un état de conservation conforme aux engagements européens.


Un plafond de prélèvements relevé

Le plafond annuel de loups pouvant être abattus passe de 19 % à 21 % de la population estimée (227 individus). Il pourra être porté à 23 % en cours d’année, soit 248 loups, si la pression de prédation le justifie. Le l principe d’un plafond national est maintenu, avec possibilité de suspendre certains tirs si le quota est atteint trop rapidement.

Tirs de défense simplifiés

Changement majeur : les éleveurs pourront désormais effectuer un tir de défense, que leur troupeau soit protégé ou non. L’autorisation préfectorale préalable est remplacée par une procédure déclarative, afin de gagner en réactivité et de réduire la charge administrative.

En cas de dommages exceptionnels, les tirs de prélèvement pourront être autorisés, y compris pour des élevages non encore protégés. La brigade mobile de l’Office français de la biodiversité et les lieutenants de louveterie pourront également intervenir plus largement. Une dérogation permettra, dans certains cas, d’autoriser des tirs de prélèvement avant le 1er juillet (hors période de naissance des louveteaux).


Protection et responsabilité

L’État maintient environ 40 M€ par an pour financer les mesures de protection (clôtures, chiens, gardiennage). Toutefois, certains assouplissements seront conditionnés à un engagement de l’éleveur à protéger son troupeau dans l’année. Dans la majorité des territoires, l’indemnisation cessera après la troisième attaque si aucune protection n’est mise en place.


Pour le gouvernement, il s’agit de trouver un équilibre entre la détresse des éleveurs, confrontés à des pertes lourdes moralement et économiquement, et la conservation d’une espèce protégée désormais présente sur une large part du territoire.


Sur le terrain, les professionnels attendent surtout une chose : que ces nouvelles règles se traduisent par des interventions rapides et efficaces.



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