L'information élevage par l'Alliance Pastorale

Rappels sur la gestion des avortements

Situation Sanitaire Mars/Avril 2026

Les analyses ressemblent à celles réalisées les mois passés, ce sont des coprologies assez typiques de la saison. Grandes douves et paramphistomes sont bien présents, alors que leur ponte est faible et très variable dans le temps (beaucoup d’animaux porteurs de grandes douves ont des coprologies négatives). La petite douve ne demande pas son reste dans les secteurs où elle est régulièrement présente. Les strongles restent bien représentés. 

Cette année, les strongles de bergerie prennent le pas sur les coccidies. La présence de diarrhées sur des agneaux de 3 semaines/1 mois dans un lot hétérogène doit y faire penser. Pour orienter le traitement entre strongyloides et coccidies, on peut s’appuyer sur les symptômes associés aux strongles de bergerie : toux en quinte, plutôt sèche et sans fatigue associé, énervement du lot, grattage léger mais insistant, taches blanches de léchage sur la laine (ventre ou croupe) mais sans peignage ni arrachement de la laine.

Cf Bulletin de l'Alliance N°975 - Avril 2026

La saison d’agnelage avançant, les avortements se manifestent occasionnellement.


Pour mémoire, les critères d’alerte déclenchant une antibiothérapie systématique ET des analyses au laboratoire sont :

- 3 brebis ayant avorté dans la même semaine

- Ou 5 % du lot depuis la mise en lutte


Pour rappel également, un avortement correspond à la naissance d’agneaux nés morts ou non viables (petit, chétif, idiot, faible…) qu’ils soient à terme ou non. En effet, certaines maladies abortives (notamment fièvre Q et toxoplasmose) et certains parasites (grande douve et strongles massifs) font mourir les agneaux à terme ou ne leur permet pas de se finir correctement. On a donc dans ces cas, la naissance d’agneaux de taille normale, qui semblent finis mais qui meurent rapidement, souvent sans avoir tété ou qui sont nés morts sans signe de difficultés de mise bas.


En cas d’avortements en série, il faut apporter au laboratoire départemental (seul habilité à effectuer ces recherches) les prélèvements suivants :

  • - Prise de sang sur une brebis ayant avorté (idéalement depuis + d’1 semaine) pour sérologie (Brucellose, Fièvre Q, Salmonellose abortive, Toxoplasmose, Chlamydiose, fièvre catarrhale, grande douve + éventuellement border disease ou virus de schmallenberg selon le contexte). La sérologie recherche les anticorps et donne une idée de ce qui circule mais ne donne pas une cause avec certitude.
  • - Avorton ou placenta (à défaut d’avorton, on prend un gant de fouille et on récupère tous les jus dans l’utérus de la brebis) pour une PCR (recherche du matériel génétique) ou une mise en culture. Dans tous les cas, on recherche la présence d’une bactérie dans l’agneau ou sur le placenta. Si la réponse est négative, une PCR multiplex (recherche + globale) peut être demandée en complément (effectué dans 1 seul labo en France).
  • - Crottes de la brebis avortée pour analyses coprologiques. La grande douve et les strongles de la caillette sont capables de faire avorter même à faible quantité y compris sur des brebis en excellent état. Tous les autres parasites le peuvent également si la charge est très élevée, en général les brebis sont plutôt amaigries. C’est la cause d’avortement la plus facile à gérer pourtant c’est la moins recherchée. Alors, tant que la brebis est contenue pour lui faire une prise de sang, autant récupérer quelques crottes au passage.


Ne pas oublier que dans le cadre de la protection des hommes contre la brucellose, ces recherches sont obligatoires et donc au moins partiellement financées. Dans les zones d’élevage, la plupart des GDS ont des conventions pour financer tout ou partie de ces recherches. N’hésitez pas à vous renseigner localement auprès de votre vétérinaire sanitaire ou de votre GDS.



Delphine Daniel 

Dr vétérinaire


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