Mesures biologiques : utiliser les prédateurs naturels des mouches

Il existe dans le monde une centaine d’espèces parasites des mouches domestiques. Parmi ces parasites, certains sont utilisables en lutte biologique car ils présentent des caractéristiques intéressantes notamment la fécondité, l’attirance vers la mouche domestique ainsi que la facilité d’élevage. Le choix de l’Alliance s’est porté sur deux mini-guêpes qui présentent un réel intérêt dans un système de lutte alternative.

Mesures biologiques :  utiliser les prédateurs naturels des mouches

Muscidifurax 

C’est une mini-guêpe parasitoïde de la mouche domestique et probablement l’auxiliaire le plus utilisé dans le monde. Long d’1 mm, cet hyménoptère ne pique ni l’homme ni les animaux car il n’a pas de dard. Il est très commun en France et est complètement inféodé à la mouche domestique : il se reproduit en pondant ses œufs à l’intérieur des cocons de mouches (appelés pupes). Ce mode de reproduction empêche le développement de la mouche car la jeune mini-guêpe se nourrit de l’intérieur de la pupe de mouche. A la fin du cycle c’est une nouvelle mini-guêpe qui va naître du cocon et non une mouche. De cette manière un équilibre se créé petit à petit entre les nuisibles (les mouches) et leurs ennemis (les mini-guêpes). Une femelle Muscidifurax tue en moyenne 100 pupes de mouches durant sa vie. Muscidifurax parasite les pupes de mouches qui se trouvent en surface des litières sèches (3 centimètres environ).


Spalanzia 

C’est une autre mini-guêpe parasitoïde de la mouche domestique. Elle apprécie les pupes qui se trouvent en profondeur. On la rencontre fréquemment à des profondeurs supérieures à 10 cm. Par cette caractéristique, elle est très complémentaire à Muscidifurax car elle s’installe même lorsque la population de mouches est faible. Par contre son potentiel de ponte reste faible (25 à 30 œufs par femelle). Naturellement la population de Spalangia est très élevée au mois de Septembre-Octobre.


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MINI-GUEPE MG se présente sous forme de boîtes contenant des pupes de mouches contaminées par ces deux mini-guêpes (environ 10 000 individus par boîte de 300 g). On compte une boîte par 100 à 200 m² de surface au sol à traiter, selon l’importance de l’infestation par les mouches. Pour une efficacité optimale, il convient d’utiliser cette solution dès l’apparition des premières mouches dans le bâtiment (plus tôt, les mini-guêpes ne trouveraient pas assez de pupes de mouches pour se reproduire ; plus tard, la population de mouches serait trop importante pour une efficacité complète). Pour ce faire, il convient de poser des feuilles d’étables collantes pour pouvoir observer les premières infestations et intervenir sans attendre.

A réception des boîtes dans l’élevage, il convient de disperser leur contenu le plus tôt possible, car les mini-guêpes ont un cycle court de 14 à 16 jours. La dispersion doit se faire à proximité des endroits où se reproduisent habituellement les mouches (présence de larves ou de pupes de mouches constatées par retournement de morceaux de litière) : sous les abreuvoirs, les auges, les barrières et les claies, le long des murs…. Il faut éviter de disperser la boîte dans les courants d’air et aux endroits de piétinement des animaux, mais également sur un support trop humide comme du lisier par exemple. Le contenu d’une boîte est à répartir en 5 à 7 endroits différents. Afin  d’abaisser la pression d’infestation des mouches à un niveau compatible avec de bonnes conditions d’élevage, et d’obtenir un équilibre durable entre leur population et celle des mini-guêpes, on effectuera un lâcher toutes les 4 à 6 semaines environ, et à chaque fois que la population de mouches disparaît totalement. A noter que l’utilisation des mini-guêpes n’est pas compatible avec celle d’un larvicide chimique sur la litière. Par contre les appâts sous forme de granulés sont possibles en complément.