Intérêts du sel pur en élevage

Les rôles du sel

Le sel, de son nom chimique chlorure de sodium (NaCl), a 4 rôles principaux en élevage :

- Nutritionnel 

- Agent d’appétence 

- Vecteur d’apport en minéraux et oligo-éléments 

- Agent de conservation des aliments et des fourrages. 

Intérêts du sel pur  en élevage

Ces rôles sont liés à ses composants chimiques, le sodium (Na) et le chlore (Cl), mais également à leur association.


Via le sodium :

• Facteur de la contraction musculaire.

• Favorise la fécondité.

• Indispensable à l’absorption des sucres et des acides aminés dans l’intestin.

• Présent dans la composition du lait (0,6 g/l) et de la salive (3 g/l)

Via le chlorure :

• Permet la synthèse des sucs gastriques nécessaires à la digestion.

Via leur association :

• Agit comme nutriment et assure la thermorégulation de l’organisme.

• Favorise l’appétit des animaux.

• Régule la consommation d’eau et de matière sèche favorisant ainsi l’engraissement et la lactation.

La complémentation en sel est une nécessité car toutes les rations, y compris les fourrages, sont déficitaires en sodium.

Les symptômes d’une carence en sel

Une carence en sel se traduit par divers symptômes plus ou moins visibles : 

• Diminution de l’appétit et de l’ingestion (jusqu’à -25%).

• Pica (dépravation du goût : les animaux lèchent tout ce qu’ils trouvent).

• Baisse de croissance.

• Baisse de la production laitière.

L’animal est fatigué, plus sensible aux maladies. Des problèmes d’infécondité apparaissent (rétention placentaire, avortement, stérilité). Au final, la carence en sel peut entraîner une déminéralisation globale. Il faut donc apporter régulièrement du sel aux animaux.


Les besoins en sel des ruminants et les apports de la ration

Les besoins des ruminants sont au minimum de 1,5 à 2 g de sodium par kilogramme de matière sèche (kg MS), soit environ 4 g sel / kg MS (le sel contient 39,3 % de sodium).

Les apports recommandés peuvent être largement supérieurs car les besoins s’accroissent :

• Avec l’augmentation des niveaux de production, Na et Cl étant exportés par le lait.

• Avec les exportations par l’urine, par la sudation (perte de Na en période de chaleur ou dans le cas de travail musculaire) ou par les fèces.

• Avec la richesse en eau de la ration : à la mise à l’herbe, les besoins sont multipliés par 3 (6 à 8 g de Na/kg MS).

• Avec la richesse en potassium de la ration, le rapport Na/K ne doit pas être trop élevé, notamment pour l’absorption du magnésium.

L’apport de sel en libre-service

Nous rappelons que la complémentation en sel est une nécessité, car la quasi-totalité des aliments et des rations des ruminants sont déficitaires en sodium. Or le sel est le seul aliment, avec l’eau, pour lequel les animaux ont un appétit spécifique, c’est-à-dire qu’ils sont capables d’adapter leur consommation à leurs besoins ; il n’y a donc pas de gaspillage ni de perte (pas de sur ou de sous-consommation) si et uniquement si le sel est présenté sous forme compacte et en libre-service. Attention, cette auto-régulation sur les besoins n’est pas possible si le sel est distribué mélangé à la ration.

Comme les besoins en sel sont permanents, les blocs de sel doivent être distribués en libre-service en nombre suffisant, en continu toute l’année, que ce soit en stabulation ou au pâturage.

Un seul type de bloc doit être distribué à la fois et il convient d’optimiser la consommation en assurant un accès permanent à l’abreuvement. Le renouvellement des blocs se fait selon la consommation des animaux, qui est de l’ordre de 40 g / jour / bovin et 5 g / jour / ovin ou caprin. Celle-ci peut être temporairement plus élevée pour des animaux non habitués aux blocs ou carencés en sel ou minéraux.


Source : Salins du Midi